Qui: Bummis
Quand: À l'âge d'un mois environ
Où: Un magasin sur l'ave. du Mont-Royal
Combien: 200$
Coton ou pas coton, voilà la question...
- Cheque's pire
Dans la vie comme au hockey, on veut donner son 110% pour soutenir des causes importantes. La personne qui tapoche ces mots sur le clavier, tout comme la jolie épouse, sont bien conscients de l'importance de préserver la planète, l'environnement et la nature : Le recyclage, les produits de nettoyage écologiques, les sacs de commissions réutilisables, mettre la voiture au neutre dans les pentes, etc. Les accords de Kyoto, Tokyo et YokoOno, à notre humble avis, méritent d'être appliqués avant que ne soit transmise la réponse au rapport Malouf.
À l'arrivée de bébé, il est sûr et certain que le recours aux couches de coton a été envisagé et, éventuellement, adopté. Des amies de maman, d'ailleurs, avaient une grande expérience concluante en matière de retenue des produits dérivés de leurs rejetons. Ainsi, par un après-midi ensoleillé, pendant que petit bébé nageait encore dans le liquide amyotique - tel un piston dans la 10W30 - papa et maman sont allés se procurer un ensemble de départ de couches de coton lavables. "Oh les beaux cache-couches!", s'exclama maman. "Euh, à quoi serviront ces napperons beiges?", s'interrogea benêtement* papa.

Gladu la tortue fondait beaucoup d'espoir
dans l'aventure des couches lavables en coton...
Les deux tourtereaux (ou la tourerelle et le tartampion) avaient convenu qu'ils laveraient re-li-gi-eu-se-ment des couches réutilisables à la machine, afin d'éviter que quelque 30 000 couches jetables (plus ou moins, ça ne tente pas à papa de vérifier un chiffre qui, de toute façon est sans cesse à la hausse au fur et à mesure des lectures) ne se ramassent dans des sacs à vigange et dans des sites d'enfouissement, dans une banlieue, où jadis des vaches broutaient, des oiseaux gazouillaient et des enfants gambadaient sous un ciel radieux (en évitant les produits dérivés des vaches et des oiseaux, ce qui exerçait bien la coordination yeux-pieds.)
Donc, après avoir donné une dizaine de rectangles verts à la vendeuse, trop jeune pour avoir déjà pondu un enfant et donc dépourvue de compétences transversales pertinentes, hormis celle de dire que "ça fonctionne très bien", le couple-bientôt-famille est reparti avec un kit de départ. Ledit kit comprenait des couches en coton, des cache-couches avec des motifs et des fefleurs, des doublures absorbantes réutilisables pour capter les numéros-1, des triplures jetables pour contenir les numéro-2, un seau de rétention des couches et du petit savon spicial-spicial et doux-doux-doux.
Certes, les premières semaines, la petite affaire pondue par maman était trop petite pour porter lesdites couches de coton - on aurait dit qu'elle portait des épaulettes de football à l'envers dans son fond de culotte. Mais après quelques semaines, lorsque les couches de nourrissonne ont atteint leur limite de rétention, maman a lavé les couches de coton, assemblé les composantes, attaché le tout autour de la fille avec des velcros et mis un cache-couche vestimentaire et un pyjama. Tout était prêt, les représentants de Lévesque Beaubien Geoffrion étaient présents, l'attente pouvait commencer...
Comme première offrande, ma fille a fait un numéro-1. Les couches ont répondu à merveille en absorbant le liquide. "Hourra! Youppi! Bravo! 1 à 0 pour Dame Nature!", s'écrièrent les parents, en se faisant des high-5 et en se percutant de torse à torse. "On en met une autre?" "Oh oui! Oh oui!"...
Vint alors la brutale constatation de la dure réalité.
Ma fille, voyez-vous, avait une tendance à post-produire de façon assez énergique. En fait, à chaque fin de processus, on aurait dit qu'un Harley-Davidson de course d'accélération rinçait son moteur durant trois quarts de seconde. Comment un si petit paquet d'amour pouvait-il faire trembler les murs, et ce, d'un bout à l'autre de l'appartement? Le problème est que cette énergie s'est traduite par un débordement d'une grande ampleur. La couche, le cache-couche de couche, le cache-couche vestimentaire, le pyjama, le bébé et la mère n'ont pas été épargnés.
"Mmh, ça doit être une question d'ajustement", se sont dits les parents. Mais les tentatives d'ajustement n'ont pas permis d'empêcher des débordements qui portaient les parents à s'interroger sur leur choix.
Tout juste avant que papa ne sorte le Duct tape, une amie de maman est arrivée à la rescousse du 450. "As-tu essayé le pli en Y? Le rebord croisé? Le roulé scandinave?", a-t-elle suggéré et tenté sur le bébé (non, ce ne sont pas les vrais noms des pliages - papa ne s'en rappelle pas, bon!). Malheureusement, rien ne fit : les débordements ne cessaient de se poursuivre. Après quelques jours de réflexion, la mort dans l'âme, papa et maman sont retournés à la couche jetable...

Gladu la tortue, tout comme les parents de bébé, a été
confrontée à un choix difficile. Jetable ou lavable?
Non, elle ne s'en est pas lavée les mains...
Selon une étude publiée par l'université de Buffalo à Calcutta, la morphologie de l'arrière-train de ma fille et son haut niveau de "torque" (papa aime beaucoup le mot "torque") causeraient une incompatibilité entre le fessier de bébé et la couche de coton lavable. Certes, ladite couche est un rectangle plié en trois, et non un C ballonné, comme la forme d'une couche jetable (et celle des couches de coton quand papa était petit bébé), ce qui pourrait expliquer une partie du problème. Le cache-couche de couche semble être apte à rester collé au corps d'un bébé, mais il a fallu se rendre à l'évidence que ce bébé n'était pas le nôtre, et qu'il était hors de question d'échanger notre bébé contre cet autre bébé.
Alors que maman se préparait à mettre les couches (lavées) en vente sur un site Web, elle et papa ont entamé une réflexion : quelle alternative serait appropriée aux couches jetables? Il existe des couches non blanchies et en matières recyclées, tout comme il existe des couches de bambou, dont les impacts sur l'environnement sont moindres. Or, elles coûtent cheeeeeeeeeeer! Toutefois, la force du nombre pourrait permettre d'atténuer le coût de ces coûches.
Il reste à papa et à maman d'aller de l'avant et de tenter d'amorcer un mouvement de masse qui changera le cours de la planète...Pendant qu'ils continuent à changer les couches de leur fille.
Le mot de... Gladu la tortue : Ah, que les parents ont été déçus par l'expérience non concluante des couches lavables! Moi qui m'était offerte pour transporter le seau de couches sales sur ma carapace jusqu'à la laveuse! Dire qu'au siècle dernier, on lavait les couches sur une gratte dans un ruisseau, tout comme le bébé si la couche avait débordée! Peut-être que la NASA va inventer un modèle optimisé - ils ont une astronaute qui a fait des tests l'an dernier - à moins que ce ne soit un motard incontinent qui trouve la clé pour l'arrière-train de compétition de bébé?
Alors ? 2,5 biberons / 5 - Quelques points pour l'intention
5 biberons / 5 - Pour les acheteurs des couches qui n'auront pas de problèmes...
*Merci de l'inspiration pour cet adverbe, Julie C!